L’acupuncture : une aide précieuse contre urétrite et cervicite (partie 1)

L’acupuncture : une aide précieuse contre urétrite et cervicite

Contexte 

L’urétrite et la cervicite sont des inflammations respectives de l’urètre et du col de l’utérus, souvent causées par des infections sexuellement transmissibles (IST). L’urétrite se manifeste principalement chez les hommes par une dysurie, une écoulement urétral et un prurit, tandis que la cervicite chez les femmes peut être asymptomatique ou s’accompagner de leucorrhées, de saignements intermenstruels ou de dyspareunies. Ces pathologies sont fréquemment dues à Chlamydia trachomatis (CT), Neisseria gonorrhoeae (NG), Mycoplasma genitalium (MG) ou Trichomonas vaginalis (TV), avec des co-infections possibles. En France, les recommandations de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) et du Centre national de référence des IST (CNR-IST) insistent sur un dépistage systématique par NAAT (amplification des acides nucléiques) pour une prise en charge précoce, évitant les complications comme la maladie inflammatoire pelvienne (MIP) ou l’épididymite.

 

Enjeux

Les enjeux de l’urétrite et de la cervicite sont amplifiés par l’augmentation des IST résistantes aux antibiotiques, notamment NG aux céphalosporines et MG à l’azithromycine. En France, la stratégie nationale de lutte contre l’antibiorésistance (2022-2025) met l’accent sur la préservation de l’efficacité thérapeutique via des thérapies d’association (ex. : ceftriaxone + doxycycline). Ces infections favorisent aussi la transmission du VIH et des hépatites, posant un défi aux systèmes de santé publique. L’enjeu majeur réside dans l’amélioration du dépistage chez les populations à risque (jeunes, HSH) et la sensibilisation à la prévention, face à une sous-déclaration due à l’asymptomatique fréquent (jusqu’à 75 % des cas féminins).

 

Épidémiologie

En France, les IST bactériennes comme CT et NG ont vu leur incidence stagner ou augmenter légèrement en 2023, avec environ 50 000 cas diagnostiqués de CT et 30 000 de NG, selon le bilan CNR-IST. L’urétrite non gonococcique (UNG) représente 80 % des urétrites masculines, avec une prévalence de CT à 20-30 % et MG à 10-15 %. Chez les femmes, la cervicite asymptomatique touche jusqu’à 10 % des consultantes en centres de dépistage. L’enquête PrévIST (2024) estime une prévalence de 2-5 % pour CT et NG en population générale, plus élevée chez les 15-24 ans (jusqu’à 8 %). Globalement, les IST génitales basses affectent 1 million de personnes par an en Europe, avec une hausse de 20 % depuis 2019 due aux changements comportementaux post-COVID.

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Facteurs de risque

Les facteurs de risque principaux incluent un jeune âge (<25 ans), des partenaires sexuels multiples, l’absence de préservatif, les relations hétérosexuelles non protégées et les pratiques MSM (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Chez les femmes, le tabagisme, le vaginose bactérienne (VB) et les douches vaginales fréquentes augmentent le risque de cervicite (OR 2,5). Pour MG, les facteurs associés sont l’alcoolisme et les antécédents d’IST (OR 3,0). En France, les migrants de zones à haute prévalence et les usagers de PrEP (prophylaxie pré-exposition) présentent un risque accru de 2-4 fois. Une méta-analyse récente confirme que l’usage suboptimal de préservatifs double le risque d’acquisition de CT ou NG.

 

Impact

L’impact de l’urétrite et de la cervicite est multifacette : sur le plan individuel, elles entraînent une réduction de la qualité de vie (douleur, stigmatisation), avec un risque de chronicisation (infertilité masculine/féminine : 10-15 % des cas non traités) et de complications graves comme la MIP (20 % des cervicites gonococciques) ou l’arthrite septique. Épidémiquement, elles augmentent la susceptibilité au VIH (risque multiplié par 2-3) et génèrent un fardeau économique : en France, les coûts directs (consultations, antibiotiques) s’élèvent à 200-500 M€ annuels, sans compter les pertes de productivité. Chez les femmes enceintes, elles favorisent les accouchements prématurés (risque +25 % pour MG).

 

Perspectives

Les perspectives thérapeutiques s’orientent vers des diagnostics rapides (NAAT multiplex) et des thérapies personnalisées basées sur la résistance (ex. : moxifloxacine pour MG résistante). La vaccination contre NG et CT est en phase préclinique, avec des essais prometteurs pour 2030. En prévention, l’extension de la PrEP et des campagnes de dépistage gratuit (CegIDD) en France vise une réduction de 30 % des incidences d’ici 2025. Les guidelines EAU 2025 intègrent l’IA pour la surveillance épidémiologique, et des études en cours évaluent les vaccins thérapeutiques contre MG. À long terme, l’éducation sexuelle et l’accès aux contraceptifs barrières pourraient diviser par deux les nouvelles infections.

Références scientifiques

  1. RecoMédicales. Recommandations Infections génitales urétrite et cervicite 2025. Lien
  2. PrévIST : chiffres de prévalence des IST en population générale. vih.org, 2024. Lien
  3. Santé publique France. VIH et IST bactériennes en France. Bilan 2023. Lien
  4. CNR-IST. Bulletin VIH et IST bactériennes, 2024. Lien
  5. Young A, et al. Urethritis. StatPearls [Internet]. 2025. Lien
  6. Workowski KA, et al. Urethritis and Cervicitis. CDC STI Treatment Guidelines, 2021 (update 2024). Lien
  7. European Association of Urology. Guidelines on Urological Infections 2025. Lien
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  11. Horner PJ, et al. 2016 European guideline on the management of non-gonococcal urethritis. Int J STD AIDS. 2016;27(11):928-37. Lien
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