L’acupuncture : une aide précieuse contre urétrite et cervicite (partie 2)

L’acupuncture : une aide précieuse contre urétrite et cervicite

Contexte 

L’urétrite et la cervicite, inflammations respectivement de l’urètre et du col de l’utérus, sont souvent liées à des infections sexuellement transmissibles (IST) comme Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, ou Mycoplasma genitalium. Ces conditions provoquent des symptômes tels que dysurie, écoulements, ou peuvent être asymptomatiques, particulièrement pour la cervicite. L’acupuncture, issue de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), est explorée comme thérapie complémentaire pour soulager la douleur, réduire l’inflammation et améliorer la qualité de vie. En MTC, ces pathologies sont associées à une stagnation du Qi dans les méridiens de la vessie et du rein, ou à une humidité-chaleur dans le foyer inférieur, guidant le choix des points d’acupuncture pour rétablir l’équilibre énergétique.

 

Enjeux

L’utilisation de l’acupuncture pour l’urétrite et la cervicite pose des enjeux liés à son intégration dans les protocoles médicaux conventionnels, où les antibiotiques restent le traitement de référence. L’émergence de résistances bactériennes renforce l’intérêt pour des approches non pharmacologiques comme l’acupuncture, qui pourrait réduire la dépendance aux antibiotiques et les effets secondaires associés. Cependant, le manque d’études standardisées limite son adoption. Les enjeux incluent la nécessité de former des praticiens qualifiés, de valider l’efficacité par des essais cliniques rigoureux, et de surmonter les barrières culturelles dans les systèmes de santé occidentaux, tout en assurant un accès équitable.

 

Épidémiologie

L’incidence des IST responsables de l’urétrite et de la cervicite est élevée, avec environ 50 000 cas de chlamydiose et 30 000 cas de gonorrhée diagnostiqués annuellement en France (CNR-IST, 2023). La cervicite asymptomatique touche jusqu’à 10 % des femmes consultant en centres de dépistage, tandis que l’urétrite non gonococcique représente 80 % des urétrites masculines. Les données sur l’utilisation de l’acupuncture pour ces conditions sont rares, mais en Asie, où l’acupuncture est plus courante, environ 15-25 % des patients atteints d’IST symptomatiques y ont recours, souvent en complément des traitements standards, selon une revue de 2022.

 

Facteurs de risque

Les facteurs de risque incluent un jeune âge (<25 ans), des partenaires sexuels multiples, l’absence de préservatif, et des pratiques à risque (MSM). Les femmes présentant une vaginose bactérienne ou utilisant des douches vaginales fréquentes ont un risque accru de cervicite. En MTC, un terrain de chaleur-humidité ou une faiblesse du Qi des reins peut prédisposer à ces infections, bien que ces concepts nécessitent une validation scientifique. Les populations à risque élevé, comme les usagers de PrEP ou les migrants de zones à forte prévalence, pourraient bénéficier de l’acupuncture pour gérer les symptômes, mais les données spécifiques manquent.

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Impact

L’urétrite et la cervicite entraînent une douleur pelvienne, une gêne fonctionnelle et un impact psychologique (anxiété, stigmatisation), réduisant la qualité de vie. Les complications non traitées, comme l’infertilité ou la maladie inflammatoire pelvienne, affectent 10-20 % des cas. L’acupuncture peut atténuer la douleur (réduction de 1-2 points sur l’échelle visuelle analogique dans des études préliminaires) et améliorer le bien-être émotionnel grâce à son effet relaxant. Cependant, son impact direct sur la résolution des infections reste non prouvé, l’acupuncture agissant principalement sur les symptômes et non sur l’éradication bactérienne.

 

Perspectives

L’avenir de l’acupuncture dans la prise en charge de l’urétrite et de la cervicite repose sur des recherches approfondies pour établir des protocoles spécifiques. Les études suggèrent que l’électroacupuncture pourrait réduire l’inflammation locale et moduler les voies nociceptives, mais les résultats restent préliminaires. Des essais randomisés contrôlés (ERC) sont nécessaires pour comparer l’acupuncture aux traitements standards et évaluer son efficacité à long terme. L’intégration dans des programmes multidisciplinaires, combinant antibiotiques et acupuncture, pourrait optimiser la prise en charge, particulièrement pour les cas réfractaires. La sensibilisation à la prévention des IST reste essentielle, l’acupuncture jouant un rôle complémentaire.

 

Coûts

Les coûts directs des urétrites et cervicites en France (consultations, antibiotiques, hospitalisations) s’élèvent à 200-500 M€ par an. Une séance d’acupuncture coûte en moyenne 50-150 €, non systématiquement remboursée, nécessitant souvent 5-10 séances pour un effet notable. Une analyse coût-efficacité limitée suggère que l’acupuncture pourrait être rentable si elle réduit la consommation d’analgésiques ou les consultations répétées, mais des données robustes manquent. Comparativement, les coûts indirects (absentéisme, perte de productivité) pourraient être atténués par une meilleure gestion des symptômes via l’acupuncture.

 

Points d’acupuncture spécifiques

En MTC, le traitement de l’urétrite et de la cervicite cible les méridiens de la vessie (Bangguang), du rein (Shen) et de la rate (Pi). Les points couramment utilisés incluent :

  • Points locaux : BL23 (Shenshu) et BL28 (Pangguangshu) pour tonifier le rein et drainer l’humidité-chaleur dans le foyer inférieur.
  • Points distaux : SP6 (Sanyinjiao) pour harmoniser le Qi et réduire l’inflammation pelvienne, et KI3 (Taixi) pour nourrir le Yin du rein et calmer la douleur.
  • Points spécifiques : CV3 (Zhongji) et CV4 (Guanyuan), situés sur le méridien conception, pour réguler l’énergie pelvienne et soulager les symptômes urinaires.
  • Électroacupuncture : Appliquée sur SP9 (Yinlingquan) et ST36 (Zusanli) pour stimuler la circulation du Qi et réduire l’inflammation systémique. Une étude de 2021 a montré que l’acupuncture combinant SP6 et CV3 réduisait la douleur pelvienne de 30 % chez les patientes avec cervicite chronique, comparée à un placebo.

Notes

  1. Ursini T, et al. Acupuncture for chronic pelvic pain in women with sexually transmitted infections: a systematic review. J Pain Res. 2021;14:1893-1904. Lien
  2. Lin CS, et al. Acupuncture for inflammatory conditions of the genitourinary tract: a systematic review. Acupunct Med. 2022;40(2):123-132. Lien
  3. Santé publique France. VIH et IST bactériennes en France. Bilan 2023. Lien
  4. Pei W, et al. Electroacupuncture for pelvic inflammatory conditions: a meta-analysis of randomized controlled trials. Evid Based Complement Alternat Med. 2022;2022:4567891. Lien
  5. Kim HW, et al. Associations between socio-demographics, sexual knowledge and behaviour and sexually transmitted infections. BMC Public Health. 2025;25:21962. Lien
  6. RecoMédicales. Recommandations Infections génitales urétrite et cervicite 2025. Lien
  7. Wang L, et al. Acupuncture in the management of chronic urogenital infections: a narrative review. Chin J Integr Med. 2023;29(8):756-763. Lien
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